Refonder les écoles du Parti pour gagner la bataille des idées

Aujourd’hui, la formation est considérée comme un droit des adhérents ; nous pensons qu’elle est un devoir du Parti envers ses adhérents. Nous souhaitons rouvrir les écoles du Parti autour d’un cursus obligatoire, approfondi et définitivement tourné vers la promotion de cadres d’origine populaire. En rouvrant les écoles du Parti, nous entendons réinscrire au cœur même de nos pratiques militantes le projet communiste d’émancipation des travailleurs par eux-mêmes. Il ne s’agit pas de cultiver la nostalgie du passé et de tenter vainement de reproduire à l’identique ce que les générations passées ont brillamment accompli. Néanmoins, le recul que nous avons aujourd’hui nous permet de saisir toute la portée révolutionnaire des écoles du Parti Communiste. Au XXème siècle, le PCF a bouleversé l’ordre social qui régissait la vie politique de notre pays en propulsant des ouvriers, des paysans, des petits artisans et des petits commerçants dans des instances de pouvoir jusqu’ici réservées à la bourgeoisie. Si le PCF a été le grand parti de la classe ouvrière, c’est parce que ses cadres et ses dirigeants étaient eux-mêmes issus de la classe ouvrière et que le Parti, grâce à son réseau d’écoles et sa politique de promotion des cadres notamment, a été un formidable outil de valorisation et de promotion sociale des classes populaires. A nous maintenant de reprendre le geste fondateur de nos prédécesseurs et de lui redonner toute son actualité !

Pour ce grand chantier, nous ne partons pas d’une feuille blanche. Le Parti communiste compte déjà dans ses rangs nombre de militants tout à fait capables de prendre en charge tout ou partie d’un cursus d’éducation de sa conception à son exécution. Le Parti regorge de spécialistes et d’enseignants autodidactes ou de métier dans tous les domaines. Les nouvelles Écoles du Parti pourront s’appuyer sur ces militants et notamment sur le secteur actuellement dédié à la formation, ses responsables et ses animateurs. Sans compter toutes les têtes qui émergeront. Car l’objectif est bien de former une génération de communistes qui continuera à se former en formant d’autres communistes à leur tour.  Du reste, nous sommes certains que les « communistes hors les murs » que nous ne désespérons pas de faire revenir à terme au bercail, prendront leur part à la réouverture des Écoles du Parti dans la mesure où ils n’ont jamais dédaigné intervenir dans le cadre de formations que les fédérations du Parti ou des Jeunesses communistes ont organisées ces dernières années. Avec un tel potentiel humain, nous avons toutes les chances de réussite.

Le Parti communiste n’a jamais été un parti de slogans et de mots d’ordre ; il s’est constitué comme un véritable outil d’analyse de la société. Fidèles à notre histoire, nous concevons les nouvelles écoles du Parti comme le lieu privilégié du « détour théorique » indissociable de l’action révolutionnaire. Aussi, les nouvelles écoles doivent se donner comme ambition première l’assimilation critique par tous les militants de l’étude approfondie du capitalisme à travers la grille de lecture marxiste et des principes du mouvement communiste. La philosophie et l’économie politique y occuperont par conséquent une place centrale.

Nous entendons bien développer la capacité de comprendre de tous les militants qui seront non seulement les destinataires mais surtout les sujets actifs des nouvelles Écoles du Parti. Alors les communistes seront solidement armés pour remporter des victoires décisives dans la bataille des idées, promouvoir l’actualité du communisme et conquérir l’hégémonie culturelle.

4 commentaires sur “Refonder les écoles du Parti pour gagner la bataille des idées

  1. je suis signataire de l’appel et j’apprécie cette volonté de débattre en amont du congrès. 3 remarques sur cette proposition:
    – j’apprécie que le parti soit affirmé comme lieu de détour théorique, ce que nous ne faisons malheureusement pas assez comme en témoignent certains aveuglements sur notre dame des landes, la question de l’emploi ou de l’Europe.
    – en effet nous partons d’une base, de l’existence de formations, d’un réseau prêt à travailler et creuser les questions à mettre en débat. mais pourquoi nous ne le faisons pas aujourd’hui suffisamment ? peut-être que des militants n’ont plus ce goût ? est-ce que la montée en puissance du parcours scolaire depuis 50 ans rend nos militants, comme de nombreux gens de notre société, lassés du savoir, de l’apprentissage,ou du moins de l’idée qu’ils s’en font ?
    – la dernière remarque est qu’il faut faire super attention avec tout nostalgisme; le « refonder » est très beau mais semble regretter une période. Certes la promotion des militants est importante mais elle passe aussi par la lutte dans l’entreprise ou ailleurs, et malheureusement jamais une école ou un catalogue de formation ne pourra remplacer l’expérience de l’aventure collective de la lutte, de la capacité à devenir un leader. Quelle réponse si ce n’est faire adhérer des militants syndicaux et associatifs ?

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    1. Bonjour Pierrick, merci pour tes commentaires très pertinents ! Il y a bien entendu des causes externes aux évolutions du Parti et le cas de la formation politique n’y déroge pas (à ce propos, je te conseille de regarder la conférence de Julian Mischi que nous avons publiée sur le site, très intéressant). Cependant, il y a aussi des facteurs internes. Nous nous sommes basés sur les travaux de sociologues et historiens qui se sont penchés sur les écoles du Parti et notamment sur les travaux de Nathalie Ethuin. Ce qui en ressort, c’est que le fait que l’on ait progressivement abandonné l’idée d’un cursus structuré et hierarchisé et des formations longues (les écoles nationales allaient jusqu’à 3 mois !) au profit d’actions de formation très ponctuelles et courtes qui ne s’inscrivent pas dans un programme général est un des facteurs explicatifs internes du déclin de la formation. Aussi, la formation est désormais considérée comme un droit alors que, par le passé, c’était un passage obligé pour tout adhérent. Tu as raison de pointer du doigt le nostalgisme comme un écueil. Nous ne pourrons de toute façon pas refaire ce qui s’est fait et nous ne le devons pas ; ce n’est pas souhaitable. Si nous regrettons quelque chose, c’est de ne plus être le parti majoritaire au sein de la classe productrice. Il nous faut des écoles qui correspondent aux conditions matérielles actuelles dans lesquelles nous luttons et avec les « hommes tels qu’ils sont » pour paraphraser Lénine. Et il faut engager une réflexion avec tous les communistes ; les enseignants autodidactes et de métier et les camarades qui s’occupent de la formation ont à cet égard beaucoup de chose à apporter si nous décidons de rouvrir les écoles.
      Enfin, il est clair que nous devons reprendre pied dans les l’entreprise et ailleurs (par exemple auprès des travailleurs ubérisés de plus en plus nombreux) ; nous devons y aller solidement formés politiquement, d’où la nécessité de repenser notre formation politique pour se redéployer dans le monde du travail. Et faire adhérer des militants associatifs et syndicaux mais aussi des producteurs non encartés 🙂 Fraternellement, Pierre

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    2. Les écoles du Parti donnent des bases qu’il est nécessaire de faire confronter à l’action. La théorie et la pratique sont indissociables. Lorsque l’0n mène une action, on retrouve ce que l’on a pu apprendre d’une manière théorique. L’un nourri l’autre et vice versa. J’ai pu vérifié ces choses sur le terrain. Si ces écoles n’existent plus c’est bien que l’orientation politique du PCF est de s’adapter au capitalisme et non de travailler à l’avoir. Dans ces conditions, évidemment, nul besoin de connaissances théoriques. C’est ce que je pense. J’ai eu fait des cours dans des écoles fédérales. J’étais de ceux qui n’avais pas peur du débat. L’école est aussi un lieu de confrontations des idées dont- Il ne faut pas se priver.

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  2. Pour information, permettez-moi de vous signaler ma brochure « contrairement à une opinion répandue le soleil brille aussi la nuit », sur le matérialisme-dialectique dans les sciences et sur les questions politiques contemporaines, en ligne sur le site des Editions Prolétariennes http://editions-proletariennes.fr/Actu/materialisme/contrairement.pdf

    en vous souhaitant plein succès dans votre initiative
    Fraternellement

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